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mercredi 29 janvier 2014

Daisy Miller

  "En Suisse, dans les années 1870, Daisy Miller, jeune belle et riche américaine, est en voyage avec sa mère et son jeune frère Randolph. Elle fait la connaissance de Winterbourne, un de ses compatriotes, qui n'est pas insensible à sa candeur et son indépendance. En effet, Daisy  accepte de se promener avec lui, seule et sans chaperon, ce qui est fort contraire aux mœurs de l'époque. Winterbourne, désorienté et séduit, ne sait s'il peut tomber amoureux de cette jeune fille si provocante aux yeux de la vieille société européenne, si fantasque et si naïve en même temps. Est ce un jeu de la part de Daisy?
 
  Et pourtant, l'hiver suivant, il la rejoint à Rome. Daisy, toujours accompagnée de Giovanelli, un jeune mondain italien chasseur de dots, compromet sa réputation avec désinvolture. Winterbourne, épris, malheureux, impuissant, ne croit plus à son innocence. Or la vie de Daisy Miller touche à sa fin, dans un dénouement tragique..."
 
 
Daisy Miller de Henry James

Cette longue nouvelle se lit très vite et nous montre un beau portrait de femme libre dans une société encore engoncée dans ses préjugés.
 
Le récit est mené sous le regard de Winterbourne, ce qui ne permet pas de connaître avec certitude les pensées et les intentions de Daisy, restant ainsi mystérieuse.
 
Cette œuvre de jeunesse (1878) de Henry James aborde les thèmes de la plupart de ses œuvres: le puritanisme,  l'innocence, l'opposition entre la vieille Europe et la jeune Amérique. Ce récit montre la liberté d'actes et de pensées d'une jeune américaine face au puritanisme et aux règles victoriennes de la vieille Europe.
 
Une centaine de pages, un régal.
 
note: 8/10

lundi 27 janvier 2014

sanditon

"En ce début du XIXè siècle où la bonne société anglaise découvre les bienfaits des bains de mer, les Parker se sont mis en tête de faire de la paisible bourgade de Sanditon une station balnéaire à la mode.

Invitée dans leur magnifique villa la jeune Charlotte Heywood va découvrir un monde où, en dépit des apparences "très comme il faut", se déchaînent les intrigues et les passions. Autour de la tyrannique lady Denham et de sa pupille Clara gravitent les demoiselles Beaufort, le ténébreux Henry Brendenall et l'étincelant Sidney Parker, peut être le véritable meneur de jeu d'une folle ronde des sentiments.

Observatrice avisée, Charlotte saura-t-elle demeurer spectatrice? Le cœur ne va-t-il pas bouleverser les plans de la raison?"

 
Sanditon de Jane Austen
 
  Jane Austen a laissé cette œuvre inachevée, à sa mort en 1817. Une romancière (anonyme) a relevé le défi d'écrire une fin en respectant le style Austen, avec brio. Je me suis laissée convaincre et n'ai pas vu le changement de plume même si la fin me parait un peu trop rocambolesque pour un livre "austenien"...
 
  La galerie de personnages (caractères, style, physique...) reflète parfaitement la société anglaise au 19è siècle. Chaque détail compte dans leur portrait. C'est un régal. J'aime la sagacité et le caractère observateur de Charlotte. Sidney est très difficile à suivre, à cerner (menteur, manipulateur, entremetteur????) et il mêle les fils de l'intrigue avec finesse. Sir Edward, obséquieux, est vraiment à vomir, je ne sais pas comment les femmes de cette époque pouvaient garder leur calme et cacher leurs pensées avec de tels personnes...
 
  Sanditon, station balnéaire, et les activités de bord de mer (en particulier le bain de mer de Charlotte et Clara) sont décrits avec finesse. La santé est un autre thème de ce livre: les sœurs Parker hypocondriaques, les remèdes farfelus (oignon rôti pour une otite!)... montre l'ironie et le caractère de Jane Austen, gravement malade à l'écriture de ce roman.
 
  Le style et l'univers de Jane Austen sont bien au rendez-vous. C'est un réel plaisir de lire ce livre plein de gaité, de fraîcheur, d'humour...
 
note 9,5/10 (une si bonne note! je suis fan de Jane Austen)
 
N.B. HISTORIQUE
Du 18è au 19è, il était fréquent de voir des cabines de bain mobiles ou voitures baignoire sur les plages. A l'époque il était vu, surtout pour les femmes, d'être vues en tenues de bain. Elles auraient été inventées en Angleterre en 1750, par Benjamin Beale.
 
 
Aménagé en cabinet de toilette, la cabine de bain protège de l’air et des regards indiscrets. Tractée par un cheval, elle conduit le baigneur qui s’y est mis en tenue de bain jusqu’à la mer et l’attend jusqu’à la fin de son bain. Il était essentiel que la cabine empêche de voir les baigneurs depuis la plage. Une fois qu'on avait fini de s'amuser dans l'eau, il suffisait de hisser un drapeau pour signaler qu'il fallait ramener la cabine au sec. On sortait alors de la cabine en tenue de ville, comme on était rentré.
 
 
Dès qu'il fut plus acceptable pour les hommes et les femmes de se baigner ensemble et d'être vu en "maillot", l'usage de ces cabines fut complètement abandonné dans les années 1910-1920.